Message de l’association B.I.L.S.O.C: Burundais d’Italie pour la Légalité et la Solidarité Citoyenne, à l’occasion du 54ème anniversaire de l’Indépendance du Burundi.

Chers compatriotes,

Plus d’une année déjà de crise politique et de souffrance sans nom suite à un troisième mandat présidentiel controversé! En ce 54ème anniversaire de l’indépendance, l’association B.I.L.S.O.C, Burundais d’Italie pour la Légalité et la Solidarité Civile, saisit l’occasion pour vous souhaiter une bonne fête et pour vous exprimer ses sentiments de solidarité et de compassion en ce moment difficile. Elle vous encourageant à résister dans la dignité comme l’ont fait nos pères pour l’indépendance autour du Prince Louis Rwagasore.

“Warapfunywe ntiwapfuye” (Le Burundi, froissé, mais pas mort!)

Une vérité qu’on retrouve dans notre hymne national, pas un simple slogan. L’histoire du Burundi est jalonnée par des atteintes à son intégrité et cela du fait des ennemis tant internes qu’externes. Du point de vue interne, les traîtres comme Maconco et Birori, pour ne citer que ceux-là, n’ont pas pour autant été capables de plier le pays ou de le détourner de ses objectifs de sauvegarde de la nation. Du point de vue externe, ni les esclavagistes arabes (les fameux Rumariza) auparavant, ni les même colonisateurs allemands d’abord, belges ensuite n’ont réussi à plier le nationalisme burundais. Au contraire, la conscience nationale et la vaillance de ses fils n’ont fini de donner du fil à retordre à ses ennemis. “Froissé” oui, mais “pas mort”. Le peuple burundais dans son ensemble a démontré son attachement aux valeurs d’Ubushingantahe et d’amour de leur pays. Il a toujours su protéger la nation burundaise contre toutes les vélleités tendant à détruire sa cohésion sociale et territoriale.

Uburundi bwamyemwo abagabo! (Le Burundi, pays de vaillants!)

Les Burundais des temps de l’invasion européenne ont inculqué les valeurs de la résistance à leurs filles et fils. Rwagasore et ses compagnons guidèrent la lutte contre le colon. Ils obtinrent gain de cause grâce à l’unité des Burundais et notre pays accéda à l’indépendance le 1er juillet 1962. Néanmoins, au moment même où la lutte pour l’indépendance se faisait rude et la bataille pour la liberté voyait son aboutissement proche, des intrigues, des rivalités et des traîtrises entre burundais commencèrent à se manifester et le Prince Louis Rwagasore fut assassiné. Même si la lutte ne s’est pas pour autant arretée, ce fut un mauvais départ dans l’histoire politique de notre pays. Les conséquences de ces violences ont marqué toutes les générations jusqu’aujourd’hui. Les signataires de l’Accord d’Arusha ont si bien souligné que “durant la période précoloniale[…] il n’y a pas eu de conflit à caractère ethnique […]” (Chap.I, art.1, 3). Ils ont reconnu que la destruction de l’unité et de la cohésion nationales fut entretenue par les colons dans le but de “diviser pour régner” et que grâce au “leadership charismatique du Prince Louis Rwagasore et de ses compagnons [on] a évité au Burundi de plonger dans une confrontation politique fondée sur des considérations d’ordre ethnique[, on a accédé] à l’indépendance dans la paix et la concorde nationale” (chap.I, art.2, 10).
Depuis l’indépendance, les signataires de cet Accord “reconnaissent que des actes de génocide, des crimes de guerre et d’autres crimes contre l’humanité ont été perpétrés […] contre les communautés ethniques hutu et tutsi au Burundi” (Chap.I, art.3, 3).

L’association B.I.L.S.O.C se réjouit néanmoins qu’après 40 ans de violences cycliques, les Burundais, à travers l’Accord d’Arusha, aient compris que ce n’est pas l’ethnie qui tue, mais un mauvais pouvoir. Par ailleurs, au chapitre I, art.4,a de ce même Accord, les Burundais ont convenu que la nature du conflit burundais est “fondamentalement politique avec des dimensions ethniques extrêmement importantes”.
Ces violences cycliques ont toujours été ponctuées par des moments de sursaut national des Burundais qui, malheureusement, proposaient des solutions éphémères. Si non, personne n’aurait cru qu’après seulement quinze ans après la signature de l’Accord de paix et de réconciliation d’Arusha, le Burundi serait retombé dans les mêmes violences. Nous osons croire que tout n’est pas encore perdu, les Burundais sauront s’en tirer comme autrefois parce que “Uburundi ntibuzigera bugenda akagirire”, comme l’ont toujours affirmé nos encêtres.

Exhortations

C’est pourquoi la B.I.L.S.O.C a décidé de prendre la plume afin d’exhorter toutes les parties prenantes au conflit qui secoue le Burundi depuis le 26 avril 2015, au lendemain de la 3ème candidature illégale de Pierre Nkurunziza. Personne ne peut faire semblant de ne pas s’alarmer devant un millier de burundais morts, des centaines de milliers de réfugiers, des milliers de compatriotes emprisonnés pour mobiles politiques et d’opinion, d’innombrables gens disparus et d’autres torturés, … Un sursaut national s’impose de part et d’autre comme nous en avons démontré la capacité de par le passé. Toutes les parties en conflit doivent faire preuve de l’amour du Burundi et des Burundais en abandonnant toute logique de confrontation et en privilégiant l’esprit du dialogue pour la paix, l’unité et la réconcilation nationale.

Nous rappelons que les textes fondamentaux qui régissent la République du Burundi contituent un rempart qu’il serait hasardeux de détruire sans risquer de compromettre la paix et la sécurité chèrement acquises. Notre association B.I.L.S.O.C ne menagera aucun effort pour exhorter tout un chacun d’oeuvrer dans le strict respect de la légalité.

Nous demandons plus particulièrement à ceux qui tiennent les rennes du pouvoir:
-d’éviter tout discours visant à diviser le peuple burundais à des fins politiques;
-d’arrêter la terreur, la persécution des opposants politiques et les exécutions extra-judiciaires;
-de cesser leur acharnement contre les enfants, écoliers et élèves. Leurs agissements erigés à tord en infraction au sens du code pénal burundais par le pouvoir en place sont sans nul doute le reflet du mal qui ronge la société burundaise actuelle. Ils expriment leur sentiment de malaise de leur manière comme tous les enfants du monde dans des situations pareilles. Par conséquent, leur place n’est pas dans les prisons mais à l’école.
-d’arrêter immédiatement la traite humaine des filles et femmes burundaises, de démenteler ce réseau mafieux et criminel et de ramener celles déjà vendues.

En vue de résoudre le conflit politique actuel, nous soutenons les initiatives du médiateur Benjamin Mkapa qui visent à résoudre le conflit actuel burundais par le dialogue inclusif entre toutes les parties prenantes.

Nous apprécions l’effort fourni par la Communauté internationale: les Nations Unies, l’Union Africaine, l’Union Européenne, la Communauté de l’Afrique de l’Est, qui continuent à assister les Burundais pour surmonter la crise actuelle. Nous les exhortons à ne pas s’en lasser jusqu’au recouvrement total d’une paix durable.

Aux Burundais, nous demandons de ne pas désespérer, de rester unis et solidaires dans la recherche de la paix et la concorde nationale.

Fait en Italie, le 30 juin 2016

Pour la B.I.L.S.O.C
Leonce Maniriho
Président

bilsoconlus@gmail.com

Annunci

Rispondi

Inserisci i tuoi dati qui sotto o clicca su un'icona per effettuare l'accesso:

Logo WordPress.com

Stai commentando usando il tuo account WordPress.com. Chiudi sessione / Modifica )

Foto Twitter

Stai commentando usando il tuo account Twitter. Chiudi sessione / Modifica )

Foto di Facebook

Stai commentando usando il tuo account Facebook. Chiudi sessione / Modifica )

Google+ photo

Stai commentando usando il tuo account Google+. Chiudi sessione / Modifica )

Connessione a %s...